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Lettre d’information n° 9 (février 2010)

 

 

Cette lettre est diffusée par courrier postal ou internet aux personnes atteintes d’Alcaptonurie, à leur famille, aux amis et aux membres de l’ALCAP, aux donateurs, aux médecins et chercheurs, et à toute personne qui s’intéresse à l’Alcaptonurie.

L’Étang la Ville, le 28 février 2010 

Chers amis de l’ALCAP,

 

1) 28 février : 3ème Journée Européenne des Maladies Rares.

 

        Vous recevez cette lettre d’information en mars, alors que la 3ème Journée Européenne des Maladies Rares a eu lieu le dimanche 28 février dernier ! Nous tenons cependant à vous informer à propos de cette journée.

        En réalité, c’est le 29 février qui a été choisi pour cette journée Européenne des Maladies Rares, car c’est une journée rare dans la mesure où elle ne peut avoir lieu qu’une fois tous les quatre ans…mais elle est « fêtée » le 28 février, chaque fois qu’il n’y a pas de 29 février !

        La première journée Européenne des Maladies Rares a été célébrée le 29 février 2008, sous l’égide de la fédération EURORDIS (l’ALCAP est membre d’EURORDIS, voir paragraphe 5 ci-dessous).

        A l’occasion de cette journée, les spécialistes des maladies rares et les associations de patients demandent une intervention accrue des pouvoirs publics. Afin de sensibiliser le public à leur existence, des manifestations ont été organisées dans 34 pays du vieux continent.

        Destinée au grand public, cette journée poursuit trois objectifs :

·        sensibiliser le public européen aux maladies rares et à leurs répercussions sur la vie des malades,

·        diffuser de l’information sur ces maladies,

·        renforcer la collaboration européenne dans la lutte contre ce fléau.

        Selon la définition médicale, une maladie est considérée comme rare lorsqu’elle touche moins d’une personne sur 2.000. Ainsi, pour la France un maximum de 30.000 personnes atteintes pour une maladie particulière (60 millions x 1 / 2.000 = 30.000).

        En 2007, 7000 maladies rares différentes ont été identifiées en France. Un chiffre amené à s’accroître, puisque la littérature médicale décrit cinq nouvelles maladies rares chaque semaine ! 80 % de ces pathologies sont d’origine génétique, mais on dénombre également des maladies infectieuses.

        Trois maladies rares sur quatre sont des maladies pédiatriques, mais certaines attendent des dizaines d’années avant de se déclarer. Plus de 2 millions de personnes seraient atteintes en France, et 30 millions en Europe !

        Les associations de patients souffrant de maladies rares sont inégalement dotées. Certaines reçoivent beaucoup d’argent, comme l’AFM (Association Française contre les Myopathies –http://www.afm-telethon.fr/), d’autres rien.

        Par manque de financements, la Fédération des Maladies Orphelines (FMO, à laquelle l’ALCAP appartenait) vient de mettre la clé sous la porte (voir paragraphe 4 ci-dessous).

        Certaines associations ont beaucoup de malades (plusieurs milliers) et d’autres, surtout celles concernant les maladies ultra-rares, un très petit nombre (par exemple, l’ALCAP n’a pour l’instant dénombré que 33 personnes atteintes d’Alcaptonurie en France. 70 ont été répertoriées en Grande Bretagne).

        En France, l’Institut des Maladies Rares (voir paragraphe 6 ci-dessous), est chargé de stimuler le recherche. Cependant, très peu de maladies rares bénéficient d’approches thérapeutiques et très peu d’essais cliniques dédiés sont en cours. Seulement 10 % des malades bénéficient d’un traitement qui les aide à vivre un peu mieux (mais ne les guérit pas). C’est le cas de l’Alcaptonurie pour laquelle il n’existe aucun traitement curatif.

        Mais derrière les chiffres, nous ne devons jamais oublier que nous parlons de la vie de personnes atteintes, enfants, hommes et femmes de tous âges, mais aussi de leur proches (parents, fratrie, conjoints, amis) qui vivent avec la maladie depuis de nombreuses années : errance diagnostique, examens médicaux multiples, absence de traitement et de prise en charge, souffrance physique et morale … sont leurs problèmes permanents.

        Malheureusement tout ceci s’applique aux personnes atteintes d’Alcaptonurie.

 

2) Progression de la recherche sur l’Alcaptonurie en Grande Bretagne :

 

        La recherche sur l’Alcaptonurie continue au Royal University Hospital de Liverpool et deux articles scientifiques viennent d’être publiés :

 

·        « Calculs et ochronose intracellulaire dans les tissus sous-maxillaires d’un patient atteint d’Alcaptonurie » (Journal of Clinical Pathology – http://jcp.bmj.com - Auteurs : Taylor, Wilson, Ingrams et al.  J Clin pathol 2010 63 : 186-188, doi : 10.1136/jcp.2009.071365)

 

·        « Les examens ultrastructurels de tissus d’un patient atteint d’Arthropathie Alcaptonurique révèlent un modèle caractéristique de fixation du pigment ochronotique » (Auteurs : Taylor, Wlodarski, Prior, Wilson, Jarvis, Ranganath, Gallagher. http://www.rheumatology.oxfordjournals.org/  doi : 10.1093/rheumatology/keq027).

 

        La photo ci-dessous (extraite de ce document) a été prise au microscope électronique. Elle montre clairement la présence de pigments noirs résultant de l’ochronose des fibres collagènes d’un ligament :

 

        Rappelons que ces travaux de recherche sont possibles grâce au financement apporté par l’AKU Society (l’Association Britannique pour la Lutte Contre l’Alcaptonurie) et la Loterie Nationale Britannique).

                                                                                                                                                         Page 2/6

        Ces documents sont à la disposition des spécialistes, médecins et chercheurs intéressés, qui peuvent aussi entrer en contact avec Adam TAYLOR, chercheur doctorant à l’Université de Liverpool (contacter l’AKU Society : http://www.alkaptonuria.info/)

 

        De plus, des images 3D spectaculaires d’os de malades alcaptonuriques ont été réalisées. Selon leurs auteurs, elles sont très instructives en ce qui concerne le processus de destruction des articulations par l’Alcaptonurie Ochronose. D’autres articles seront publiés prochainement. Les résultats de ces recherches feront l’objet d’exposés lors de la prochaine Conférence Internationale sur l’Alcaptonurie qui se tiendra à Cambridge, à l’automne prochain.

3) Lancement d’une étude clinique sur l’Alcaptonurie au CHRU de Lille.

        Le CHRU de Lille (Service de Rhumatologie) a lancé une évaluation clinique de l’Alcaptonurie en France.

        L’ALCAP recommande vivement à chaque patient de participer à cette étude (la première en France). Pour le patient elle consistera en divers examens (non invasifs) : radios, IRM, tests, prise de sang, etc…

        Prochainement, nous contacterons individuellement chaque personne alcaptonurique connue de l’ALCAP, pour fournir des précisions et demander son éventuel accord pour communiquer ses coordonnées au CHRU de Lille.

 

4) Fermeture de la Fédération des Maladies Orphelines (FMO) :

 

        Nous avons appris avec tristesse que la FMO cesse ses activités, pour des raisons essentiellement financières.

        La FMO est le premier organisme auquel l’ALCAP a adhéré. C’est elle qui nous a aidés à démarrer notre association et qui nous a fait connaître le milieu des maladies rares et orphelines (en particulier l’Alliance des Maladies Rares).

        Voici la lettre que la FMO a fait parvenir à toutes ses associations adhérentes :

 

Début de citation :

 

Madame, Monsieur,
 
Après bientôt 15 années d’existence et de combat, l’aventure de la Fédération des Maladies Orphelines (FMO) s’achève dans la douleur et la tristesse.
 
Née du rêve et de l’espoir portés par quelques parents désireux de faire sortir de l’ombre ces maladies méconnues et délaissées, la FMO a su fédérer les énergies, réunir les associations de malades, mettre en place des projets novateurs et imposer les maladies orphelines comme enjeu de santé publique. La fin de la seule association indépendante et reconnue d’utilité publique en charge de la lutte contre les maladies rares et orphelines est inquiétante.
 
Dès la première heure, alors que j’étais encore présidente de l’Association française Gilles de la Tourette, j’ai rejoint la FMO, convaincue par l’impérieuse nécessité d’unir nos forces associatives et de faire entendre nos revendications.

J’étais – et je le suis toujours – fondamentalement solidaire de l’esprit qui a fait le souffle et la

force de la FMO : le travail de proximité, l’attention portée aux problématiques sociales, la volonté d’apporter des réponses aux plus démunis d’entres nous (malades isolés ou sans association).

C’est tout cela que les malades et leurs proches perdent avec la disparition de la FMO.

                                                                                                                                                     

La FMO traverse des difficultés financières qui ont fini par avoir raison de son combat, de ses projets et des espoirs qu’elle portait. Élue présidente en avril 2009, j’ai pris acte d’une situation critique et engagé, avec le nouveau trésorier et le conseil d’administration, des mesures radicales pour sortir de la crise. Placée sous procédure de sauvegarde de justice, la FMO a réduit considérablement ses charges et resserré son champ d’action. Malgré tous nos efforts et l’énergie déployée par l’équipe des salariés, la réalité s’impose durement à nous tous : la liquidation judiciaire s’impose.
 
Comment comprendre cet état de fait ? Quelles en sont les causes ? Plusieurs éléments de réponse s’entremêlent.
 
En premier lieu : la FMO souffrait d’une fragilité structurelle de ses ressources. Le développement de ses missions de service public reposait sur la seule générosité de ses donateurs (sans aucun soutien du Téléthon notamment) et de ses partenaires. L’absence de soutien du ministère de la santé prend dans ce contexte un relief amer, quelques centaines de milliers d’euros de la part des pouvoirs publics nous auraient suffit pour vivre.
 
En second lieu : la FMO a connu un essor de ses missions sociales dès 2007, non compensé par les ressources financières.
 
En troisième lieu : le contexte économique actuel et la collecte de fonds engagée par une grande association sur ce même champ ont contribué à diminuer les dons.
 
Par-delà les regrets, la FMO n’aurait pas pu développer ses missions et se placer sur le terrain de l’innovation sans le soutien précieux et fidèle de femmes et d’hommes, d’entreprises ou d’associations qui ont cru dans son combat et qui se sont battus à ses côtés pour faire advenir les projets qu’elle portait. C’est à eux que je souhaite m’adresser maintenant.
 
A vous, bénévoles, donateurs, mécènes et partenaires, grâce auxquels nos plus beaux rêves ont vu le jour ! A vous, qui avez œuvré pour faire sortir ces maladies de l’ombre, pour défendre des idées nouvelles et pour relayer nos victoires et nos colères !

 
Je vous remercie tous infiniment et vous invite à poursuivre votre implication. A l’heure du désengagement financier de l’État, le monde associatif est plus que jamais dépositaire des solutions de demain. Il regorge de belles énergies et de combats importants.
 
Quant à moi, j’adresse mes pensées à toutes les personnes atteintes de maladies orphelines isolées. La FMO était la seule à proposer écoute et accompagnement. Cette perte m’est douloureuse mais je nourris l’espoir que les personnes atteintes de maladies rares et orphelines et tous ceux qui sont touchés par cette cause se réapproprient et poursuivent ce combat sous une nouvelle forme.


Cordialement,

 

Marie-Christine Louppe

Présidente

 

Fin de citation.
 

5) EURORDIS :

 

Nous sommes heureux de vous annoncer que le 3 mars dernier, le Conseil d’Administration d’EURORDIS* (« EUROpe Rare DISeases»), a officiellement accordé à l’ALCAP le statut de membre à part entière.

        Ceci est important pour l’ALCAP, parce qu’ EURORDIS est la voix des patients atteints de maladies rares en Europe.

        Étant donné le faible nombre de personnes atteintes d’Alcaptonurie dans chaque pays, trouver un traitement ou faire avancer la recherche sur cette maladie ne pourra probablement se réaliser que grâce à une coopération Européenne (et peut-être mondiale).   

        EURORDIS est une fédération d'associations de malades et de personnes actives dans le domaine des maladies rares. Elle a pour ambition d'améliorer la qualité de vie de toutes les personnes vivant avec une maladie rare en Europe.

        EURORDIS a été fondée en 1997. Elle est financée par ses membres et par l'Association Française contre les Myopathies (AFM), la Commission Européenne, certaines fondations privées et le secteur de la santé.

        EURORDIS représente plus de 400 associations pour maladies rares dans plus de 40 pays différents et couvre plus de 1200 maladies rares. Elle est par conséquent le porte-parole des 30 millions de personnes touchées par les maladies rares en Europe.

        EURORDIS est une Organisation Non Gouvernementale (ONG) à but non lucratif. Ses procédures financières et administratives sont strictes et transparentes.

        Les missions d'EURORDIS sont :

·        construire une communauté paneuropéenne d’associations de malades et de personnes vivant avec une maladie rare,

·        être leur porte-parole auprès des instances européennes ; et - directement ou indirectement - lutter contre l'impact des maladies rares sur leurs vies.

        Le site internet d’EURORDIS est : http://www.eurordis.org/fr

 

* EURORDIS = European Organisation for Rare Diseases

 

6) Institut des Maladies Rares :

 

        Le GIS-Institut des Maladies Rares a été créé en avril 2002 à l’initiative des pouvoirs publics, des associations de malades et des organismes de recherche pour stimuler, développer et coordonner la recherche sur les maladies rares.

        Sa forme juridique est celle d’un Groupement d’Intérêt Scientifique (GIS) qui associe par convention les différents acteurs impliqués dans la recherche sur les maladies rares et la prise en charge des malades : Ministère chargé de la Recherche, Ministère chargé de la Santé, Ministère chargé de l’Industrie, INSERM, CNRS, Caisse Nationale d’Assurance Maladie des Travailleurs Salariés, Association Française contre les Myopathies, Alliance Maladies Rares.

        Pour plus de renseignements sur cet organisme, veuillez vous reporter à son site internet : http://www.institutmaladiesrares.net/

        Pour le moment, il ne semble pas que l’Alcaptonurie (maladie ultra-rare) ait été prise en compte par cet Institut.

 

7) 5ème Conférence Européenne sur les Maladies Rares :

 

        Comme indiqué ci-dessus, notre meilleur espoir pour faire progresser la recherche sur l’Alcaptonurie est que cette recherche se fasse en coopération internationale et surtout européenne.

        L’ALCAP va donc participer (pour la première fois) à la 5ème Conférence Européenne sur les Maladies Rares qui va se tenir à Cracovie (Pologne) du 13 au 15 mai prochain.

        Le Docteur L. RANGANATH, du CHU de Liverpool, y participera également et fera une présentation de ses travaux sur l’Alcaptonurie.            

        La Conférence Européenne sur les Maladies Rares est l’unique plateforme / forum pour toutes les maladies rares, dans tous les pays européens, rassemblant toutes les parties intéressées (universitaires, professionnels de santé, industrie, décideurs et représentants des malades).

        Elle couvre la recherche, le développement de nouveaux traitements, les soins de santé, l’aide sociale, les informations, la santé publique et les aides à des niveaux européen, national et régional.

        Il s’agit d’une conférence biennale, proposant les dernières nouveautés dans le domaine des maladies rares.

        Son site internet est : http://www.rare-diseases.eu/

 

8) Cotisations et dons 2010 :

 

        Nous vous rappelons que l’ALCAP a besoin de vos dons pour ses activités.

        Plus nous aurons d’adhérents, plus nous serons crédibles (cotisation annuelle : 15 Euros)

        Ci-joint quelques plaquettes (pour diffusion autour de vous SVP).

 

 

 

   Amicalement,

 

  

 Serge SIREAU

Président de l’ALCAP

 

 

 PS : Toutes nos lettres d’information sont consultables sur notre site internet, à la rubrique « actualités ».

  

ALCAP Association pour la Lutte Contre l’Alcaptonurie

18 chemin du Clos St Martin  78620  L’ETANG LA VILLE  01 39 58 39 74

e-mail : serge@alcap.fr   Site internet : www.alcap.fr ou  www.alcap.org        

 

Lettre d’information n° 8 (décembre 2009)

Cette lettre est diffusée par courrier postal ou internet aux personnes atteintes d’Alcaptonurie, à leur famille, aux amis et aux membres de l’ALCAP, aux donateurs, aux médecins et chercheurs, et à toute personne qui s’intéresse à l’Alcaptonurie.

L’Étang la Ville, le 2 décembre 2009

Chers amis de l’ALCAP,

Le Téléthon 2009 va se dérouler, un peu partout, en France vendredi 4 et samedi 5 décembre prochains.

L’ALCAP, association de lutte contre la maladie génétique, très rare, orpheline, qu’est l’Alcaptonurie, ne reçoit pas un centime du Téléthon, ni de l’AFM (Association Française contre les Myopathies, seule association bénéficiaire du Téléthon).

Rappelons que l’ALCAP est membre des trois associations de malades suivantes :

  • La Fédération des Maladies Orpheline (FMO),
  • L’Alliance des Maladies Rares (ALLIANCE),
  • Solidarité Handicap autour des Maladies Rares (SOLHAND).

L’ALCAP est reconnaissante envers ces trois associations des conseils et informations qu’ils nous fournissent.

La FMO et SOLHAND ne reçoivent aucun soutien financier du Téléthon ou de l’AFM, par contre l’ALLIANCE bénéficie du soutien de l’AFM

Voici une copie du message envoyé par la présidente de la FMO, le 27 novembre 2009, aux associations adhérentes :

Début de citation :

Chers amis,

Ce week-end, M. Pierre Bergé, président du Sidaction, a créé la polémique autour du Téléthon en dénonçant la cannibalisation de la générosité publique par l'AFM.

A travers ses interventions, il s'est inquiété notamment des moyens disproportionnés dont dispose l'AFM au regard des autres associations et du poids considérable donné à cette association dans les grands choix d'orientation de la recherche en France.

La FMO, parmi d'autres associations, a été sollicitée pour réagir à la controverse. En tant que présidente de la FMO, j'ai été interviewée hier par « I Télé », ainsi que par « Le Figaro » (dans un article paru ce jour). Je vous rapporte ci-après les positions que j'ai défendues.

Saluant le travail remarquable effectué par l'AFM dans la lutte contre les myopathies, ainsi que la mobilisation collective que cette association a su créer autour de son combat, je pense que l'on peut néanmoins s'interroger sur le poids, comme sur la situation de monopole acquis par cette association, qui fait figure d'exception dans le paysage caritatif français.

Le soutien médiatique offert au Téléthon pose tout d'abord la question de l'équité par rapport aux autres causes associatives.

La puissance financière de l'AFM lui donne par ailleurs une influence considérable dans les choix d'orientation de la recherche en France.

Enfin, la communication lors du Téléthon laisse à penser que les dons sont entièrement consacrés à la lutte contre les maladies rares. Cela crée une confusion préjudiciable*, l'AFM, seule association bénéficiaire du Téléthon, ayant pour vocation première de lutter contre les maladies neuromusculaires. Le Téléthon a rencontré un succès fabuleux qui a permis à l'AFM de mener de grands projets. Ce succès ne doit pas interdire aujourd'hui la réflexion et les échanges sur la répartition de la générosité publique.

Bien amicalement à tous,

Marie-Christine Louppe

Présidente

* Nous vous rappelons que la FMO ne bénéficie d'aucun soutien financier du Téléthon.


Fédération des Maladies Orphelines
Association reconnue d'utilité publique
6 rue Sainte-Lucie
75015 Paris

Fin de citation

Cordialement,


Serge SIREAU

Président de l’ALCAP

serge@alcap.fr


PS : Voici les adresses des sites internet cité plus haut :

TELETHON : www.telethon.fr

AFM : www.afm-telethon.fr et www.afm-france.org

FMO : www.maladies-orphelines.fr

ALLIANCE : www.alliance-maladies-rares.org

SOLHAND : www.solhand-maladiesrares.org

ALCAP Association pour la Lutte Contre l’Alcaptonurie

18 chemin du Clos St Martin 78620 L’ETANG LA VILLE 01 39 58 39 74
e-mail : serge@alcap.fr Site internet : www.alcap.fr ou www.alcap.org



Lettre d’information n° 7 (novembre 2009)

Cette lettre est diffusée par courrier postal ou internet aux personnes atteintes d’Alcaptonurie, à leur famille, aux amis et aux membres de l’ALCAP, aux donateurs, aux médecins et chercheurs, et à toute personne qui s’intéresse à l’Alcaptonurie.


L’Étang la Ville, le 24 novembre 2009

 

 

Chers amis de l’ALCAP,

 

 

                                                La 3ème Conférence Internationale sur l’Alcaptonurie s’est tenue en Italie (à Sienne) le 27 octobre dernier.

                                                Elle a été organisée par l’Université de Sienne (Département de Biologie Moléculaire).

                                                L’ordre du jour de cette réunion de spécialistes a été diffusé par notre lettre d’information n° 6 (datée du 9 octobre 2009).

                                                Voici ci-dessous un résumé des présentations effectuées et des discussions.

 

Nota : N’étant pas professionnel de la santé, je prie le lecteur professionnel de bien vouloir excuser les éventuelles omissions, incohérences ou erreurs qui pourraient être remarquées dans ce compte-rendu (m’en faire part SVP).  En effet, ce présent document ne relate que très partiellement les exposés et discussions du colloque, lesquels ont été très denses.

 

 

 

                                                Après une introduction de bienvenue par les Professeurs Annalisa SANTUCCI (Université de Sienne) et Jim GALLAGHER (Université de Liverpool), chaque participant a présenté son exposé, suivi à chaque fois de réponses aux questions des participants.

 

 

1) L’Alcaptonurie en Italie :

     Docteur Alessandro MANNONI (Université de Florence).

 

1.1  : L’alcaptonurie en Italie selon PubMed1 (1990 – 2009) :

      

                                                Voici une liste de cas (Hommes et Femmes) à propos desquels des études ont été effectuées en Italie et qui ont donné lieu à une publication sur PubMed (l’auteur principal est indiqué en majuscules) :

 

 

2007 : ALIBERTI G. et al.2 (Rome) : 3 H et 2 F

2006 : CASTAGNA A. et al. (Milan) : 1 F

 

2004 : MANNONI A.,  SELVI E., AIRO P., et al. (Florence, Sienne, Brescia) : 4 H, 5 F

2003 : ALLIBERTI G. et al. (Rome) : 5 H, 2 F

2000 : SELVI E. et al. (Sienne) : 1 H

2000 : DI FRANCO M. et al. (Rome) : 1 H

1998 : MICALI G. et al. (Catane) : 1 H

1997 : ALIBERTI G. et al. (Rome) : 1 H

1995 : CORRA T. et al. (Vérone) 1 F

1994 : MELIS M. et al. (Rome) : 1 H

1990 : GEMIGNANI G. et al. (Pise) : 1 F

 

Il y a donc un total de 29 cas rapportés (et publiés) en Italie ces 20 dernières années.

Il est estimé qu’il y a en Italie entre 60 à 240 personnes atteintes d’Alcaptonurie, soit 200 à 800 couples à risque.

 

1.2  : Groupe d’étude :

 

                                                Un groupe d’étude de l’Alcaptonurie a été créé en Italie. Voici une liste des cas étudiés actuellement (31 cas) :

 

Centre

Origine

Famille

Cas

Sienne

Florence

 

1H

 

Pistoia

 

1H

 

Rome

 

1H

 

Asti (Piedmont)

 

1F

 

Lecce

 

1H

 

Sicile

2

2H   2F

 

Fermo (Marche)

 

1F

Florence

Val Passiria (BZ)

1

4 (3F, 1H)

 

Naples

 

1H

 

Florence

1

2F

 

Sicile

1

2F

 

Appenins Tusco-Emilian

1

1H, 1F

 

Bologne

 

1H

 

Padoue

 

1H

 

Benevento

 

1F

 

Turin

 

1H

 

Brunico (BZ)

1

2F

 

Cremone

 

1H

 

?

 

1H

Brescia

Val Camonica (BS)

1

1H, 1F

 

 

1.3  : Conclusions :

 

                                                Il est probable que la plupart des cas d’Alcaptonurie en Italie ne soient pas reconnus. Il est donc important de créer maintenant un réseau de cliniciens rhumatologues qui soient au courant de cette maladie rare et invalidante.

                                                Également, il est important de créer un Centre de Référence Italien de l’Alcaptonurie, dans des buts de recherche et de soins.

 


2) Siena Biotech : Découverte de drogues modernes dans la recherche sur les maladies rares.

     Docteur Giovanni GAVIRAGHI (Directeur Général de Siena Biotech, Sienne)


Siena Biotech est une entreprise privée qui effectue des recherches sur les médicaments, y compris ceux destinés aux maladies rares.

                                                Siena Biotech est contrôlé à 95% par la « Monte dei Paschi di Siena Foundation », elle même appartenant pour 58% à la troisième plus grande banque Italienne.

                                                L’entreprise concentre ses efforts sur la découverte de nouveaux médicaments, en partenariat étroit avec les Universités et les autres compagnies de biotechnologies, depuis la recherche clinique jusqu’à la découverte de nouvelles drogues.

 

 

3) HGD3 : Mutation 360R :

     Docteur Bernardino PORFIRIO (Université de Florence)

 

3.1 : Travaux précédents :

 

1990 : MONTAGUTELLI et al : Souris alcaptonurique.

1993 : POLLAK et al : identification du gène dans la région 16 cM sur un chromosome 3q2.

1994 : JANOCHA et al. : Identification du gène sur un chromosome 16 de la région du chromosome humain 3q.

1995 : FERNANDEZ-CANON & PENALVA : Clonage du gène dans A. nidulans et identification de l’homologue humain.

1996 : FERNANDEZ-CANON et al. : Clonage du gène humain et identification de la première mutation.

1997 : GRANADINO et al. : Organisation génomique du gène humain.

1998 : BELTRAN-VALERO DE BERNABE et al. : Polymorphismes intra-géniques et mutations chez de nombreux patients dans le monde.

2000 : TITUS et al. : Indices cristallographiques dans la structure complexe de l’enzyme.

 

3.2 : Travaux en Italie :

 

                                                Le Dr. PORFIRIO a exposé l’étude complète des mutations AKU qu’il a réalisés en Italie (voir aussi http://www.alkaptonuria.cib.csic.es/).

                                                A remarquer qu’il semble qu’il existe une grande incidence de cette maladie dans le nord de l’Italie (Val Passiria).

 

 

4) L’Alcaptonurie en Slovaquie :

     Docteur Andrea ZATKOVA (Université Cormenius, Bratislava)

 

4.1 : Nord-Ouest de la Slovaquie :

                                               

                                                La prévalence est de 1 / 19.000 en Slovaquie (pour une population Slovaque d’environ 5 millions de personnes).

 

                                                En particulier, il existe un grand nombre de cas d’Alcaptonurie dans le nord-ouest de la Slovaquie, dans le district de Kysuce (région montagneuse isolée). Dans cette région, la maladie est très répandue chez les bergers d’une population dite de « colonisation de Valachie ». Ceci a résulté en une grande consanguinité et une isolation génétique qui a persisté (selon des études effectuées d’après les registres des paroisses).

 

4.2 : Séquençage et mutations :

 

                                                Le laboratoire du Dr. ZATKOVA effectue des diagnostics ADN de routine pour l’Alcaptonurie en Slovaquie.

                                                Des méthodes rapides de détection ont été développées pour 10 mutations Slovènes (ZATKOVA et al. 2003).

                                                80 mutations de différents pays européens et non-européens ont été mises en évidence (dont 12 chez les Slovaques).

                                                280 patients sont suivis (dont 110 enfants).    

                                                La base de données AKU se trouve à Bratislava.      

                                                Dans son laboratoire, depuis 2008, le séquençage du gène HGO4 entier peut être effectué chez des patients dont on ne connaît pas les mutations HGO (Acide HomoGentisique-Oxydase).

 

                                                Les travaux sont effectués en accord avec :

  • Le projet « Gen2phen » (http://www.gen2phen.org/), en collaboration avec le « Human Genome Variation Society » (HGVS : http://www.hgvs.org/)
  • Le « Departemento de Medicina Cellular y Molecular, Centro de Investigaciones Biologicas » (CSIC), Madrid
  • Le « Center for Human and Clinical Genetics », Leiden University Medical Center, Hollande.

                                               

                                                Le Dr. ZATKOVA a ensuite exposé dans le détail ses travaux sur les mutations HGO dont elle s’occupe (dont 10 nouvelles).

 

                                               

5) Nitisinone : résultats de 3 années d’essais (étude n° 3) :

     Docteur Wendy INTRONE (National Institute of Health, Bethesda, USA)

 

5.1 : Tests effectués  :

 

  • 20 patients sous Nitisinone, 20 sans traitement (les patients étaient au courant)
  • Age : 30 à 80 ans
  • Dose : journalière de 2 mg
  • Examen tous les 4 mois
  • Mensuration primaire : rotation totale de la hanche
  • Mensurations secondaires : 6 minutes de marche, test de Schöber5 (flexion antérieure de la portion de la colonne vertébrale située au niveau des vertèbres lombaires), limites de mouvements des articulations, temps pour se lever…

 

5.2 : Constatations :

 

  • Entre 2 et 9 grammes de HGA6 (Acide HomoGentisique) sont rejetés dans l’urine chaque jour.

 

 

  • Le taux d’HGA dans le plasma est bien plus faible chez les patients sous Nitisinone (0,349 mg/ml) que chez ceux du groupe sans traitement (5,72 mg/ml).
  • Chez les malades, la rotation de la hanche diminue de 9° par an et est prévisible. Mais dans le cas des patients traités par la Nitisinone, le déclin qui a été mesuré n’est pas statistiquement significatif. Il n’est pas comme prévu et est variable selon les individus et les efforts qu’ils peuvent effectuer.
  • Il en a été de même pour les paramètres secondaires qui n’ont pas été concluants.
  • Les degrés de sténose de la valve aortique ont été mesurés (débit normal du sang : 2,0 m/s, avec sténose : 2,5 m/s), sans résultats probants.

 

                                                D’autres paramètres sont en cours d’évaluation :

  • Densité de l’os à mi-vertèbre sur 3 ans,
  • hauteur du disque intervertébral.

                                                          

 

5.3 : Conclusions :

 

  • Le taux d’HGA dans les urines diminue d’environ 95 %
  • Le taux d’HGA dans le plasma diminue aussi d’environ 95 %
  • Le niveau de Tyrosine7 (acide aminé) dans le plasma augmente de 10% 
  • La Nitisinone semble bien tolérée (bien qu’il y ait une faible possibilité de cristaux dans la cornée et des effets secondaires possibles sur le foie)
  • La rotation de la hanche et autres paramètres secondaires n’ont pas montré de bénéfice réel
  • D’autres paramètres sont en cours d’analyse.

 

                                                Il faudrait peut-être envisager une autre étude, mais sur des sujets plus jeunes.

 

6) Recherche sur l’Alcaptonurie à Sienne :

     Professeur Annalisa SANTUCCI  (Université de Sienne)

 

                                                Divers modèles pour étudier l’Alcaptonurie ont été analysés :

 

  • ex vivo : cartilages + HGA
  • in vitro : cellules humaines
  • in vitro : chondrocytes8 humains primaires
  • ex vivo : chondrocytes AKU, synoviocytes9, ostéoblastes10
  • in vitro :  plasma, serum
  • in vivo :   « zebrafish » (génétique)
  • in vitro :  fongique

 

                                               A noter que la vitamine C n’a aucun effet.  in vitro la vitamine C empêche l’oxydation de l’HGA en pigment et donc théoriquement peut être efficace.  Mais in vivo les doses de  Vitamine  C employées ne doivent pas être suffisantes, mais aussi être utilisées toute la vie.

                                               Probablement (à long terme) l’Acide Phytique11 et la Taurine12 sont-ils des agents efficaces pour protéger les protéines de la pigmentation par HGA.

 

 

7) Recherches sur l’Alcaptonurie à Liverpool :

     Docteur Lakshminarayan RANGANATH (Université de Liverpool)

 

7.1 : Comment l’Université de Liverpool s’est intéressée à l’Alcaptonurie :

 

                                                Il faut considérer deux périodes : avant et après 2005.

                                                Avant 2005, l’Association Britannique pour la Lutte Contre l’Alcaptonurie (« AKU Society ») a été créée en 2003 par Bob GREGORY (lui-même très atteint par la maladie).

                                                Puis, le Docteur Nicolas SIREAU13, père de deux garçons alcaptonuriques, s’est considérablement investi dans l’association. Il a réussi à obtenir des financements importants de la part de fondations et a développé le site internet de l’association (http://www.alkaptonuria.info/).

                                                En décembre 2004, un patient atteint d’alcaptonurie est décédé à Sleaford (Lincolnshire) et son autopsie a été effectuée à Liverpool.

                                                En 2005, une première étude a été publiée (L. RANGANATH,

T. HELLIWELL, A. SHENKIN) dont le titre était : « Investigation concernant la nature du pigment ochronotique et son interaction avec les tissus ».

 

7.2 : L’Alcaptonurie en Grande Bretagne (octobre 2009) :

                                                 

                                                Pour une population d’environ 60 millions de personnes, la prévalence de l’Alcaptonurie en Grande Bretagne est estimée à 1/250.000 à 1/1.000.000

                                                Pour le moment 70 alcaptonuriques sont recensés au Royaume Uni (et sont en contact avec l’AKU Society).

                                                Ils sont répartis ainsi : Londres : 10 / côte sud-est : 4 / côte sud : 4 / côte sud-ouest : 5 / Pays de Galles : 1 /  Midlands ouest : 6/  Nord ouest : 7 / Irlande du nord : 7 / Écosse : 4 / Nord est : 1 / Yorkshire : 7 /  Midlands est : 1 / Angleterre est : 3 / Autres : 10.

 

7.3 : L’Alcaptonurie dans le monde (octobre 2009) :

 

                                                227 patients (hors Grande Bretagne et Slovaquie) sont répertoriés par l’ « AKU Society » (qui est en contact avec plus de 200 patients) :        

 

  • France : 13 / Bulgarie : 3 / Grèce : 1 / Hongrie : 1 / Italie : 2 / Allemagne : 2 / Roumanie : 1  / Hollande : 10 / Espagne : 3
  • USA : 76 / Canada : 10
  • Mexique : 1 / Guatemala : 1 : Brésil : 2
  • Israël : 1 / Jordanie : 38 / Qatar : 35 / Arabie Saoudite : 1 / Turquie : 1
  • Australie : 10
  • Inde : 2 / Indonésie : 1 / Hong Kong : 1 / Singapour : 1 / Pakistan : 1
  • Russie : 1
  • Autres : 8

 

7.4 : Liverpool s’est d’abord concentré sur l’histoire naturelle de l’Alcaptonurie :

 

                                               Pour obtenir une bonne compréhension des aspects métaboliques de l’Alcaptonurie, ainsi que de ses conséquences cliniques, l’accent a surtout été mis sur l’étude des dommages aux articulations (cartilages).

                                               

                                                Cependant, de nombreuses questions sont encore sans réponses, en particulier en ce qui concerne le pigment ochronotique :

  • Quelle est la responsabilité de cette pigmentation dans la maladie ?
  • Est-ce constant ou dynamique ?
  • Est-ce réversible ?  Cette pigmentation peut-elle être stoppée ?
  • Existe-t-il des facteurs in vivo protecteurs ?
  • Existe-t-il un seuil à partir duquel la pigmentation crée des dommages cliniques ?
  • La nature de la pigmentation est-elle différente selon les endroits du corps ?

                                                Les techniques suivantes ont été mises en œuvre au CHU de Liverpool :

  • Évaluations cliniques
  • Kinésithérapie / Diététique
  • Scintigraphie osseuse nucléaire
  • PET-CT (Tomographie à Émission de Positron) (Fluoro-deoxy glucose)
  • IRM (Imagerie par Résonance Magnétique) du corps entier et des articulations
  • Génétique (chimie clinique)
  • Radios de la colonne vertébrale
  • Échocardiogrammes
  • Études métaboliques

 

7.5 : Résultats d’analyses de questionnaires :

 

7.5.1 : Douleurs aux articulations et pigmentation (22 patients) :

 

                                                Le graphique25 ci-dessous indique :

  • Quand les premiers signes cliniques se sont déclarés (ligne),
  • Les flèches montrent l’âge des premiers évènements détectés par des patients adultes (douleurs de dos et pigmentation des oreilles à environ 20 ans),
  • Entre quels âges les patients ont commencé à ressentir des douleurs (rectangles),
  • L’âge moyen de l’apparition de ces douleurs (ligne verticale au milieu des rectangles).

7.5.2 : 7.5.2 : Prothèses (3 à 8 patients) : 

 

                                                Le graphique ci-dessous indique :

  • Entre quels âges les patients ont dû avoir recours à des prothèses (rectangles),
  • L’âge moyen de remplacement de l’articulation (trait vertical dans le rectangle).

 7.6 : Ochronose : buts poursuivis :

 

·        Développer un modèle robuste de souris de l’ochronose

·        Étudier la pathogénèse14 de l’ochronose

·        Déterminer les facteurs qui influencent le début et la progression de l’ochronose

·        Développer des techniques d’imagerie pour identification précoce de l’ochronose et sa surveillance

 

En effet :

 

·        La pigmentation n’est pas uniforme.

·        Elle est sélective : yeux, oreilles, articulations…

·        On ne la retrouve pas dans tout le corps. Quel est donc le mécanisme de compensation dans les parties du corps qui en sont exemptes ?

·        Les cultures de cellules ont montré l’influence cellulaire dans la culture des chondrocytes, mais ne peuvent pas être reproduites in vivo

·        Puisque la pigmentation est si rapide dans les cultures, il est supposé que l’influence d’un inhibiteur in vivo est manquante

·        Les hypothèses concernant le stress mécanique peuvent être testées sur un modèle animal.

 

 

8) Modèles de souris :

    Jonathan JARVIS (Doctorant à L’Université de Liverpool)

 

·        Il faut d’abord rappeler qu’un modèle de souris n’est pas directement transposable au modèle humain

·        Les souris sont développées par mutagénèse15 provoquée par l’ENU16 (Éthyle NitrosoUrée)

·        Les examens ne sont pas invasifs17

·        Elles ne montrent pas de pigmentation, bien qu’elles aient un taux de HGA élevé dans les urines

·        Serait-ce parce que leurs fonctions rénales sont plus efficaces que celles des humains ?

·        Peut-être que leur durée de vie courte leur procure une meilleure protection par rapport aux espèces qui réagissent à l’oxygène ?

·        Les autorisations officielles de transfert de souris d’Oregon (Marcus Grompe18) à Liverpool ont été obtenues.

 

 

9) Recherche sur le pigment ochronotique in vivo et in vitro :

     Adam TAYLOR (Doctorant à L’Université de Liverpool)

 

9.1 : Matériel utilisé :

 

  • Pigmentation in situ et in vitro : Microscope Optique et Microscope Électronique
  • Production et analyse de pigments HGA : Microscope Électronique

 

9.2 : Résumé de l’histologie :

 

  • Le pigment varie en apparence à tous les niveaux
  • Il y a différents types de pigments
  • Le pigment est présent dans de nombreux tissus et cellules
  • On ne sait pas comment ce pigment se forme
  • Le test de Schmorl19 fonctionne pour identifier un petit nombre de pigments
  • On voit du pigment avec le collagène20, in situ et in vitro
  • On voit aussi  du pigment dans des cellules sans collagène
  • On se demande quels facteurs, autres que le HGA, influencent le rôle de la pigmentation.

 

 

9.3 : Travaux de recherche à Liverpool (FindAKUre) :

 

  • Ces recherches font partie du projet « FindAKUre »
  • Voir le site http ://www.findakure.org/
  • Elles sont financées grâce (entre autres) à une dotation de 500.000 £ (555.000 €) attribuée par la Loterie Nationale Britannique à l’association caritative « AKU Society », laquelle travaille en étroite collaboration avec le CHU de Liverpool
  • Les financements obtenus grâce à ces dons assurent pour encore trois ans (jusqu’en avril 2012) la pérennité des travaux au CHU de Liverpool.
  • Actuellement, 5 spécialistes travaillent sous l’autorité du Pr. GALLAGHER et du Dr. RANGANATH : 2 à temps complet et 3 à temps partiel.

 

 

10) Médicaments orphelins et Union Européenne / Éventuelle reprise d’essais avec la Nitisinone :

        Professeur Timothy COX (Université de Cambridge)

 

10.1 : Médicaments orphelins et Union Européenne :

 

10.1.1: Dimension du problème. Définition thérapeutique d’une maladie rare (orpheline) :

 

Population

Nombre d’individus affectés

Prévalence pour 100.000

Union Européenne

< 250.000

5,0

Grande Bretagne (ultra-orphelin)

< 1.000

0,18

États Unis

< 200.000

7,5

Australie

< 2.000

1,1

Japon

< 50.000

4,0

 

                                                Il y a entre 6.000 et 8.000 maladies rares.

                                                Elles affectent environ 30 millions de personnes en Europe et 25 millions aux États Unis.

 

 

10.1.2 : Commission Européenne :

 

  • Directive 141/2.000 : elle instaure des mesures d'incitation destinées à favoriser la recherche, le développement et la mise sur le marché des médicaments orphelins
  • Cette Directive n’a malheureusement eu qu’un succès partiel

 

10.1.3 : Développement de médicaments orphelins :

 

  • L’introduction de thérapies pour les maladies rares est difficile
  • La science est exigeante et souvent sous-financée
  • Les essais cliniques requièrent des connaissances spécifiques
  • Les procédures standard de chiffrage des médicaments ne s’appliquent pas aux médicaments orphelins

 

10.1.4 : Difficultés pour développer des essais cliniques pour les maladies rares :

 

  • Peu de patients sont disponibles pour les essais cliniques
  • Les manifestations cliniques sont hétérogènes
  • La pathogénèse n’est pas complètement comprise
  • Il y a un manque de biomarqueurs21 validés
  • Des considérations éthiques sont à prendre en compte pour des essais concernant des personnes très malades
  • Il est difficile d’enrôler des enfants
  • Des résultats cliniques à court terme sont difficiles à obtenir
  •  Souvent, il n’y a aucun précédent, on est dans un nouveau domaine et les autorités de régulation et de licence manquent de compréhension.

 

10.2 : Élaboration d’éventuels nouveaux essais avec la Nitisinone :

 

                                                Il serait intéressant de lancer, en coopération Européenne,  une campagne de tests avec la Nitisinone. Mais pour cela, plusieurs considérations sont à prendre en compte :

 

  • Obtenir davantage de données concernant le cours naturel de la maladie
  • Étendre les essais à plus d’enfants et de jeunes adultes
  • Établir une étude rétrospective multinationale du cours naturel de la maladie à tous les âges (avec en particulier des populations Slovaques)
  • Organiser une coopération entre les Centres Nationaux de Référence ou de Compétence sur l’Alcaptonurie
  • Développer un descriptif (« Score Index ») robuste, simple et transférable de la sévérité clinique
  • Décider de mesures objectives de l’efficacité, articulée cliniquement mais mécaniquement riche en enseignements, si possible non-invasive (par exemple confirmée par des biomarqueurs, IRM, études fonctionnelles, qualité de la vie…)
  • Il va sans dire que les critères d’enrôlement des patients est de la plus grand importance.
  • Intégrer ce que l’on apprend des souris alcaptonuriques
  • Perfectionner l’étude de biomarqueurs qui peuvent prédire les résultats cliniques les plus importants
  • Éviter les tentatives de traiter les aspects irréversibles de la maladie
  • Prendre l’avis de l’Agence Européenne des Médicaments
  • Coopérer avec un industriel sponsor (Swedish Orphan22 ?).

 

 

12) Discussions et conclusions :

 

12.1 : Tests du NIH (Nitisinone) :

 

  • Les essais effectués au NIH avec la Nitisinone n’ont pas été convaincants. Il n’y a pas de différence statistiquement notable entre les patients traités par la Nitisinone et les patients sans traitement.
  • Bien qu’une majorité de patients aient ressenti une amélioration de leur qualité de vie, une poignée de patients n’ont vu aucune différence.
  • Il est possible que la Nitisinone, bien qu’elle réduise considérablement le taux de HGA excrété dans les urines, n’agisse pas, ou faiblement, sur les cartilages et autres tissus déjà imbibés de HGA.
  • Le critère principal retenu par le NIH pour mesurer l’évolution dans le temps (rotation de la hanche), n’est pas considéré par tous comme pertinent.
  • Des analyses supplémentaires des données accumulées au cours des trois années de ces tests sont en cours. Un rapport final sera publié bientôt par le NIH.
  • Le NIH envisage des essais supplémentaires à long terme, mais sur une population plus jeune. Cependant, ces essais futurs éventuels n’ont pas encore été discutés en détail.

 

12.2 : Tests en Europe (Nitisinone) :

 

  • Il serait souhaitable que des essais avec de la Nitisinone soient effectués conjointement dans différents pays d’Europe.
  • Les critères à prendre en compte pour ces tests sont à élaborer avec soin, en partenariat étroit entre médecins et chercheurs européens.
  • Les instances Européennes adéquates seront prochainement contactées.

 

12.3 : Thérapie par Remplacement d’Enzyme15 :

 

  • La Thérapie par Remplacement d’Enzyme est un traitement médical qui remplace une enzyme chez des patients où il est particulièrement déficient ou absent.
  • Généralement, ceci est fait par infusion intraveineuse contenant l’enzyme (la diffusion par capsule risque d’être lourde).
  • Cette thérapie ne traite pas la maladie, mais seulement les symptômes.
  • Dans la maladie de Gaucher16 par exemple, un enzyme artificiel a déjà été élaboré.
  • Mais l’enzyme manquante dans l’Alcaptonurie est très difficile à produire, car complexe.
  • Il est nécessaire que des spécialistes acquièrent davantage de connaissances sur cette enzyme.
  • Elle pourrait être clonée sur un fongique, mais il faudra prouver qu’elle fonctionne sur le plasma.

 

12.4 : Thérapie génique :

 

  • Ce serait la meilleure solution, mais dans l’état actuel des connaissances il faudra probablement encore attendre 10 ou 15 ans.

 

13) Hommage à Bob GREGORY :

 

  • Bob GREGORY, fondateur de l’ « AKU Society » à Liverpool, est non seulement très malade de l’Alcaptonurie, mais de plus il est sérieusement atteint par la maladie de Parkinson.
  • Une vidéo, intitulée « A story of Hope » (une histoire d’espoir) a été visionnée en fin du colloque et le DVD correspondant distribué à tous les participants.

 

 

14) Prochaine conférence annuelle sur l’Alcaptonurie :

 

  • Elle aura lieu à Cambridge, fin octobre ou début novembre 2010.

Cordialement,

 

Serge SIREAU

Président de l’ALCAP

serge@alcap.fr

 

 

ALCAP   Association pour la Lutte Contre l’Alcaptonurie

18 chemin du Clos St Martin  78620  L’ETANG LA VILLE  01 39 58 39 74

   Site internet : www.alcap.fr ou  www.alcap.org

 

 

 

GLOSSAIRE :

 

1) PubMed :

PubMed est une base de données bibliographiques produite par la « National Library of Medicine » (NLM™) aux États-Unis.

 

2) et al :

Il est d'usage dans les domaines scientifiques, lorsqu'une publication a plusieurs auteurs, d’annoncer l'auteur principal puis « et al. » au lieu de citer tous les collaborateurs.

 

 

4) HGO : (Acide HomoGentisique-Oxydase) :

C'est une enzyme, dont l'activité se révèle la plus importante au niveau hépatique, ainsi qu'au niveau rénal (mais moindre que dans le foie). Aucune activité significative n'a été retrouvée dans d'autres tissus tels le sang, les glandes salivaires ou les muscles. Par contre, en 1994, avec l'apport de la biologie moléculaire, l'existence d'une activité du gène du HGO a été montrée au niveau de l'intestin grêle, du colon et de la prostate.

 

5) Test de Schöber :

Le test de Schöber mesure la flexion antérieure (se pencher en avant) de la portion de la colonne vertébrale située au niveau des vertèbres lombaires (région habituellement appelée maladroitement les reins).

Pour effectuer ce test, on demande au patient de se tenir debout les talons joints. On effectue ensuite des marques sur le dos de l’individu à 5 cm et à 10 cm au-dessus d’une zone que l’on appelle la jonction lombosacrée. Le médecin trace une ligne horizontale entre deux zones anatomiques osseuses appelées les épines iliaques postéro-supérieures. Cette zone se situe à environ un plat de main au-dessus de la raie fessière au niveau du sacrum. On demande alors au patient de se pencher en avant au maximum. On mesure à ce moment-là la distance qui sépare les deux marques. La distance entre les deux marques augmente de 5 cm ou plus quand il y a une mobilité lombaire normale, et de moins de 4 cm dans le cas d’une diminution de la mobilité lombaire.

 

6) HGA : (Acide HomoGentisique) :

C'est un acide phénolique facilement oxydable, surtout en milieu alcalin (abréviation AHG en français).

 

7) Tyrosine :

C’est un acide aminé. Molécule organique possédant un squelette carboné et deux fonctions : une amine (-NH2) et un acide carboxylique (-COOH). Les acides aminés sont les unités structurales de base des protéines. Ils mesurent environ 100 picomètres (pm).

 

8) Chondrocytes :

Les chondrocytes (du grec : cartilage et cellule) sont les cellules composant le cartilage.

Ce sont des cellules arrondies et volumineuses (d'un diamètre de 20 à 40 µm) présentes dans le cartilage. Elles possèdent un noyau volumineux, arrondi et nucléolé dans sa région centrale. Elles synthétisent et dégradent les composants de la matrice extracellulaire du cartilage.

 

9) Synoviocytes : Cellule de la couche bordante de la membrane synoviale.

 

10) Ostéoblastes : Forme jeune de cellule osseuse qui participe à l'ossification.

 

11) Acide Phytique : Constituant phosphoré le plus abondant des végétaux; localisé exclusivement dans les graines.

 

12) Taurine : Dérivé d’acide aminé soufré. La taurine est fortement présente dans la bile de taureau, d'où son nom.

 

13) Le Docteur Nicolas (Nick) SIREAU est Docteur en Sciences Sociales en Grande Bretagne.

 

14) Pathogénèse :

La pathogénèse ou pathogénie est l'étude du ou des mécanismes responsables du déclenchement et du développement d'une maladie.

La pathogénèse fait intervenir souvent plusieurs mécanismes pathologiques pour une seule maladie dans lesquels les gènes, l'environnement, le conditionnement, l'individu (comme esprit unique et corps unique) et d'autres facteurs très nombreux jouent un rôle important.

 

15) Mutagénèse :

La mutagenèse est une approche de la génétique pour comprendre la fonction des gènes. Elle consiste en l'induction de mutations dans le génome d'un organisme unicellulaire ou multicellulaire, par exposition à un agent chimique, à un agent physique, à un virus intégratif ou à un élément transposable, ou par utilisation d'un technique de biologie moléculaire.

 

16) ENU (Éthyle NitrosoUrée) :

ENU (également connu comme N-éthyle-N-nitrosoUrée, formule chimique C3H7N3O2), est un mutagène (un agent qui change le génome) très puissant.

 

17) Invasif :
Un examen invasif est un examen médical requérant une effraction de la peau.

 

18) Marcus Grompe :

Marcus Grompe est Professeur au « Departments of Molecular and Medical Genetics and Pediatrics »

de la « Health & Science University » de l’Oregon (USA).

Il effectue des recherches scientifiques sur les maladies génétiques. En 2004 il est devenu le premier directeur du nouveau « Oregon Stem Cell Center ».

Les souris alcaptonuriques sont fournies par cette entreprise.

19) Test de Schmorl :

Test histologique de l’os.

 

20) Collagène :

Le collagène est une glycoprotéine fibreuse dont le rôle peut être comparé à une armature. Il s'agit de la protéine la plus abondante de l’organisme et représente 1/4 de toutes les protéines de l'organisme. Il est secrété par les cellules des tissus conjonctifs.

 

21) Biomarqueur :

Un biomarqueur est une caractéristique biologique mesurable liée à un processus normal ou non.

Dans le domaine médical, un biomarqueur peut être utilisé pour le dépistage (recherche d'une maladie dans une population), le diagnostic (caractérisation d'une maladie chez un individu), la réponse à un traitement, la rechute après un traitement, la toxicité d'une molécule. Cela peut être par exemple une protéine dosable dans le sang ou la présence d'une molécule dans l'urine.

 

22) Swedish Orphan :

« Swedish Orphan International » est un groupe de compagnies qui a 20 ans d’expérience dans le domaine des médicaments orphelins et les maladies rares.

La Nitisinone est fournie par « Swedish Orphan » (http://www.swedishorphan.com/).

 

23) Enzyme :

(nom féminin ou masculin)

Protéine accélérant les réactions chimiques de l'organisme.

Une enzyme est une molécule (protéine) permettant d'abaisser l'énergie d'activation d'une réaction et d'accélérer jusqu'à des millions de fois les réactions chimiques du métabolisme se déroulant dans le milieu cellulaire ou extracellulaire sans modifier l'équilibre formé . Les enzymes agissent à faible concentration et elles se retrouvent intactes en fin de réaction : ce sont des catalyseurs biologiques (ou biocatalyseurs).

 

24) Maladie de Gaucher :

La maladie de Gaucher est une maladie neurodégénérative de l'enfant et de l'adulte en rapport avec un déficit enzymatique

 

25) Graphique (Deltagraph) :

·        première ligne horizontale : début des douleurs chez quelques patients (10ème au 25ème centile)

·        premier rectangle : première moitié des patients (début du rectangle = 25ème centile)

·        deuxième rectangle : deuxième moitié des patients (fin du rectangle = 75ème centile)

·        ligne verticale à environ le milieu des rectangles : âge moyen auquel la plupart des patients souffrent (50ème centile, médian plutôt que moyen)

·        dernière ligne horizontale : 75ème au 90ème centile.

 

 

 

Lettre d’information n° 6 (octobre 2009)

Cette lettre est diffusée par courrier postal ou internet aux personnes atteintes d’Alcaptonurie, à leur famille, aux amis et aux membres de l’ALCAP, aux donateurs, aux médecins et chercheurs, et à toute personne qui s’intéresse à l’Alcaptonurie.

L’Étang la Ville, le 9 octobre 2009

Chers amis de l’ALCAP,

 

En 2007, mais aussi en 2008, l’ « Alkaptonuria Society » (Association Britannique de lutte contre l’Alcaptonurie) et l’Université de Liverpool, ont organisé une réunion de spécialistes européens pour faire le point sur les connaissances et les recherches en cours concernant l’Alcaptonurie (voir nos compte-rendus précédents).

Ces deux conférences ont eu lieu à Liverpool.

Cette année, la 3ème Conférence Internationale sur l’Alcaptonurie se tiendra en Italie (à Sienne) le 27 octobre. Elle est organisée par l’Université de Sienne (Département de Biologie Moléculaire).

Elle rassemble des experts Britanniques, Américains, Italiens et Slovaque (et se déroule exclusivement en anglais).

Voici une rapide traduction de l'ordre du jour de cette réunion :

Matin :

9h30 : « Bienvenue » par le Dr. Annalisa SANTUCCI et le Pr. James GALLAGHER.

9h45 : « L’Alcaptonurie : le passé, le présent et le futur » par le Pr. Roberto MARCOLONGO (Université de Sienne).

10h00 : « L’Alcaptonurie en Italie : de la recherche à la santé publique » par le Dr. Alessandro MANNONI (Rhumatologie, Azienda Sanitaria, Florence).

10h25 : « Le rôle de la découverte de drogues modernes dans la recherche sur les maladies rares » par le Dr. Giovanni GAVIRAGHI (Directeur Général de SienaBiotech, Sienne).

10h45 : « HGD : mutation 360R » par le Dr. Berardino PORFIRIO (Université de Florence).

11h45 : « Importance de l’hétérogénéité de l’Alcaptonurie en Slovaquie » par le Dr. Andrea ZATKOVA (Université Cormenius, Bratislava).

12h10 : Utilisation de la Nitisinone pour l’Alcaptonurie : résultats de 3 années de tests » par le Dr. Wendy INTRONE (National Institute of Health, Bethesda, USA).

12h30 : « Point concernant la recherche sur l’Alcaptonurie à Sienne » par le Dr. Annalisa SANTUCCI (Université de Sienne).

Après-midi :


14h30 : « Modèles animaux de chargement musculo-squelettique » par Jonathan JARVIS (Université de Liverpool).

 

14h55 : « Point concernant la recherche sur l’Alcaptonurie à Liverpool » par le Dr. Lakshminarayan RANGANATH (CHU de Liverpool).

 

15h20 : « Recherche sur le pigment ochronotique, in vivo et in vitro » par Adam TAYLOR (Université de Liverpool).

 

15h45 : « Médicaments orphelins et Union Européenne » par le Pr. Timothy COX (Hôpital Addenbrooke, Cambridge, GB)

 

16h30 : Vidéo : « Alcaptonurie, une histoire d’espoir ».

 

Le Dr. Nicolas SIREAU (Président de l’« Alkaptonuria Society ») participera également à cette conférence.

Le Pr. Robert AQUARON, retenu par une autre conférence internationale organisée depuis longtemps (à la même date), ne pourra malheureusement pas venir à Sienne.

Les associations de malades dédiées à l’Alcaptonurie seront bien sûr représentées :

- l’ « Alkaptonuria Society »,

- l’ « AIMAKU » Associazione Italiana Malati di Alcaptonuria,

- l’ « ALCAP ».

En novembre, je vous enverrai un compte-rendu succinct de cette réunion.

Bien amicalement,

Serge SIREAU

Président de l’ALCAP

PS : L’étude récemment publiée par le Pr. R. AQUARON (« Aspects cliniques et biologiques de 29 patients français alcaptonuriques ») sera diffusée aux participants de la conférence.

ALCAP Association pour la Lutte Contre l’Alcaptonurie

18 chemin du Clos St Martin 78620 L’ETANG LA VILLE Tél. : 01 39 58 39 74

e-mail : serge@alcap.fr Site internet : www.alcap.fr ou www.alcap.org




Lettre d’information n° 5 (juillet 2009)

Cette lettre est diffusée par courrier postal aux personnes atteintes d’Alcaptonurie, à leur famille, aux amis et aux membres de l’ALCAP, ainsi qu’aux donateurs.

L’Étang la Ville, le 11 juillet 2009

Chers amis de l’ALCAP,

1) Résultats de l’étude du NIH sur la Nitisinone (NTBC) :

Comme vous le savez, le NIH (Institut National de la Santé, aux États Unis) teste depuis 4 ans une molécule appelée Nitisinone (ou NTBC, ou ORPHADINE) sur une soixantaine de patients.

Le but de ces essais thérapeutiques est de traiter les symptômes de l’Alcaptonurie, par l’administration aux patients de doses très faibles de ce produit.

Ces essais à long terme viennent de se terminer et un comité scientifique et médical du NIH s’est réuni vendredi 10 juillet pour analyser les résultats de cette étude.

Malheureusement, il n’a pas été trouvé de différence statistique significatrice entre le groupe de patients qui a été traité par la Nitisinone et le groupe qui ne recevait qu’un placebo.

Cette phase de l’étude est donc maintenant close.

Cependant, le NIH continue son étude en analysant toutes les données qui ont été accumulées durant ces 4 années. Ils espèrent ainsi déterminer si la Nitisinone est quand même susceptible d’apporter des améliorations aux malades atteints d’Alcaptonurie. L’analyse de ces données va prendre du temps avant que des conclusions puissent en être tirées.

Malgré ces résultats décevants, le NIH a accumulé un grand nombre d’informations sur l’Alcaptonurie, les risques liés à la Nitisinone et les manières de mesurer ses effets. Tout cela sera en fin de compte utile pour tous.

Nous aurons davantage de détails à la Conférence Internationale sur l’Alcaptonurie qui aura lieu en Italie (Université de Sienne) les 27 et 28 octobre prochains.

Notas :

a) Ces informations nous ont été fournies par le NIH, Bethesda, Maryland, USA) dans un e-mail daté du 11 juillet 2009.

b) Il n’y a cependant pas lieu d’être pessimiste. La Nitisinone a prouvé être un médicament prometteur contre l’Alcaptonurie. En Grande Bretagne par exemple, il est administré à un patient et donne des résultats positifs. Les résultats mitigés du NIH ne font, probablement, que retarder sa mise sur le marché puisque des études supplémentaires sont nécessaires.

2) Plaquette ALCAP :

Vous trouverez ci-joint notre premier « prospectus » ALCAP (voir la rubrique : "Plaquette ALCAP" au bas du menu).

Il a été imprimé en 200 exemplaires.

Il est destiné au public en général, ainsi qu’aux familles et amis des malades. N’hésitez pas à le diffuser autour de vous. Si vous voulez en recevoir d’autres copies, dites le nous, nous vous en enverrons.

Si vous avez des suggestions pour améliorer le texte de ce document, veuillez SVP nous en faire part.

Une autre plaquette est en cours d’élaboration. Elle sera destinée au Professionnels de la Santé.

3) Adhérents et donateurs :

Pour l’année 2008, l’ALCAP avait :

  • 11 adhérents (cotisants 15 €),

  • 6 donateurs (versement supérieurs à 15 €)

  • 3 donateurs réguliers (versements mensuels)

Pour les 6 premiers mois de 2009, l’ALCAP compte :

  • 13 adhérents (cotisants 15 €)

  • 9 donateurs (versement supérieur à 15 €)

  • 4 donateurs réguliers (versements mensuels)

4) Cabinet comptable :


Bien que ce ne soit pas une obligation légale pour une petite association comme l’ALCAP, nous souhaitons que nos comptes soient établis et approuvés par un Cabinet Comptable.

Nous sommes heureux de vous annoncer que le Cabinet d’Experts - Comptables « RCD Audit & Associés » va dorénavant s’occuper de la comptabilité de l’ALCAP.

Même si nos moyens sont faibles, une comptabilité certifiée est en interne un outil de gestion, en externe une garantie de transparence.

Ceci devrait aussi nous permettre d’obtenir plus facilement diverses autorisations et inscriptions. Par exemple, nous avons fait une demande auprès de l’Administration de Impôts pour obtenir l’autorisation de délivrer des reçus fiscaux aux adhérents et donateurs.

 

Bien amicalement,

 

Serge SIREAU

Président de l’ALCAP

 

ALCAP Association pour la Lutte Contre l’Alcaptonurie

18 chemin du Clos St Martin 78620 L’ETANG LA VILLE 01 39 58 39 74

e-mail : serge@alcap.fr Site internet : www.alcap.fr ou www.alcap.org


Lettre d’information n° 4 (mai 2009)

Cette lettre est diffusée par courrier postal aux personnes atteintes d’Alcaptonurie, leur famille (sur demande), les amis et les membres de l’ALCAP ainsi que les donateurs.

L’Etang la Ville, le 31 mai 200

Chers amis de l’ALCAP,

1) Alliance Maladies Rares :

L’ALCAP fait maintenant partie de l’Alliance Maladies Rares, dont voici les coordonnées :

Adresse : Les locaux se trouvent au sein de la Plateforme Maladies Rares, Hôpital Broussais. Entrée par le 96 bis rue Didot, secteur jaune, bâtiment Gaudart d’Allaines, porte 5, rez-de-chaussée.

Adresse postale: 102 rue Didot, 75014 PARIS

Téléphone : 01 56 53 53 40

Fax : 01 56 53 53 44

Site internet : http://www.alliance-maladies-rares.org

L’Alliance des Maladies Rares rassemble 183 associations. L’Alliance écoute, informe et oriente les malades, les proches des malades et les professionnels de la santé.

Pour cela, l’Alliance a un numéro de téléphone : 0 810 63 19 20

Nota : Rappelons que l’ALCAP est aussi affilié aux organismes suivants :

La Fédération des Maladies Orphelines (FMO) : 01 43 25 98 00

La FMO propose aussi un service d’écoute, d’information, d’orientation et d’accompagnement social dont le numéro de téléphone est : 0 810 500 005

Site internet : www.fmo.fr

ORPHANET : Le portail internet des maladies rares et des médicaments orphelins.

Site internet : www.orpha.net

SOLHAND : 01 64 49 91 12

Solidarité Handicap autour des maladies rares, soutient les handicapés en lien avec une maladie rare et/ou orpheline, à mieux vivre leur handicap, à gérer leur quotidien et les inconvénients que cela entraîne.

Site internet : http://solhand-maladiesrares.org

Nous sommes aussi référencés dans l’Annuaire des Associations de Santé (Tél. 0 800 71 80 60).

N’hésitez pas à téléphoner à ces organismes en cas de besoin, en particulier aux services d’écoute et d’information de la FMO et de l’Alliance.

 

2) Recherche sur l’Alcaptonurie en Grande Bretagne :

L’Alkaptonuria Society (AKU), association britannique pour la lutte contre l’Alcaptonurie (association soeur de l’ALCAP), a obtenu des financements de la part de diverses personnes, fondations et organismes anglais.

Grâce à ces fonds, l’AKU finance (en majeure partie) un Centre de Recherche sur l’Alcaptonurie au Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de Liverpool (Royal University Hospital).

Un programme de recherche sur la maladie a été défini par trois Professeurs et Docteurs du CHU.

Cinq spécialistes (dont deux à temps plein) travaillent dans ce Centre pour faire progresser nos connaissances sur l’Alcaptonurie et trouver des thérapies curatives.

Voir le site internet de l’AKU (en anglais et partiellement en français – traduit par l’ALCAP) : www.alkaptonuria.info

 

3) Publication d’une nouvelle étude sur l’Alcaptonurie en France :

Le Professeur Robert AQUARON et une équipe de médecins/chercheurs ont publié en mai (en anglais, dans la revue internationale “Current Rheumatology Review” – Bentham Science Publishers) une étude sur les aspects cliniques et biologiques de 29 patients alcaptonuriques (17 hommes et 12 femmes) originaires de la France métropolitaine et de l’île de la Réunion.

Une étude moléculaire et le suivi de l’évolution clinique des principaux organes affectés par l’ochronose ont été réalisés. Plusieurs mutations ont été révélées.

Cet article (12 pages, en anglais), qui destiné à des spécialistes, peut être obtenu sur demande au Professeur Aquaron (e-mail : robert.aquaron@univmed.fr).

 

4) Dépôt d’un dossier à l’Union Européenne :

L’AKU Society (en coopération avec l’ALCAP) a déposé un dossier de demande d’aide à l’Union Européenne pour créer un réseau européen dédié à l’Alcaptonurie (dans le cadre du programme Européen « Ensemble pour la santé »).

Si nous voulons que nos connaissances sur l’Alcaptonurie progressent, une coopération européenne s’impose. Nous avons déjà des partenaires en Italie, Espagne, Pologne, Croatie et Slovaquie. Nous souhaitons élargir cette base à d’autres pays européens (Hollande, Suède, Allemagne…) et créer une fédération des associations de lutte contre l’Alcaptonurie.

Pour le moment, seuls la Grande Bretagne et la France possèdent une association pour le lutte contre l’Alcaptonurie (cependant, une association analogue est en cours de création en Italie).

Nous souhaitons susciter la création d’autres associations, mais aussi la coopération pour la recherche, dans les autres pays d’Europe.

Pour cela, nous devons d’abord nous faire mieux connaître en France (et pays Francophones), de manière à entrer en contact avec le plus grand nombre de malades, mais aussi avec les spécialistes médicaux et scientifiques intéressés par l’Alcaptonurie.

C’est pour principalement ces deux raisons que nous avons adressé une demande de financement à l’Union Européenne. La réponse est attendue pour octobre prochain.


5) Cotisations et dons à l’ALCAP :

Jusqu'à présent l’ALCAP ne demandait pas de cotisation. Les personnes souhaitant aider l’ALCAP effectuaient des versements (dons) à leur convenance.

Il nous a été conseillé, à la fois par l’Alliance des Maladies Rares et un Cabinet Comptable, de dorénavant demander une cotisation aux personnes désirant participer.

Ainsi, pour être membre de l’ALCAP, une cotisation annuelle de 15€ est maintenant demandée. Lorsqu’une somme supérieure est versée, la différence est considérée comme don (ce qui semble t-il est légalement différent).

 

6) Rencontres entre malades :

L’ALCAP n’a pas encore les moyens d’organiser une réunion des personnes atteintes d’Alcaptonurie qui désirent se rencontrer. Mais ceci fait partie de nos projets.

Par contre, si vous désirez entrer en contact avec d’autres malades, qu’ils (ou elles) habitent dans votre région ou non, veuillez nous le faire savoir (par courrier). Nous vous communiquerons l’adresse et le numéro de téléphone des autres personnes qui le souhaitent également.

Voici la liste des 30 alcaptonuriques que nous avons jusqu'à présent recensés en France et en Belgique :

Selena (05, Hautes-Alpes), Mylène (06, Alpes Maritimes), Jacqueline (13, Bouches du Rhône), Claude (24, Dordogne), Léon (24, Dordogne), Thierry (32, Gers), Bruno (35, Ille-et-Vilaine), Marie (59, Nord), André (62, Pas de Calais), Annie (62, Pas de Calais), Claudine (62, Pas de Calais), Danièle (62, pas de Calais), Jean-Claude (62, Pas de Calais), Thierry (62, Pas de Calais), Yvonne (68, Haut-Rhin), Michelle (73, Savoie), Magalie (70, Haute Saône), Anne-Marie (70, Haute Saône), Maurice (74, Haute Savoie), Denis (83, Var), Yvan (88, Vosges), Jérôme (90, Territoire de Belfort), Almasse (92, Hauts de Seine), Sylvie (92, Hauts de Seine), Maria (94, Val de Marne), Irène (95, Val d'Oise), Micheline (974,Réunion), Johan (974, Réunion), Jean-Luc (Grimbergen), Dirk (Roulers).

Pour ceux ou celles qui ne désirent pas communiquer avec d’autres malades, nous vous garantissons que vos coordonnées resteront confidentielles.

Bien amicalement,

Serge SIREAU

Président de l’ALCAP

ALCAP Association pour la Lutte Contre l’Alcaptonurie

18 chemin du Clos St Martin 78620 L’ETANG LA VILLE 01 39 58 39 74

e-mail : serge@alcap.fr Site internet : www.alcap.fr ou www.alcap.org


Lettre d’information n° 3 (janvier 2009).



Réunion avec le Professeur Robert AQUARON

L’Etang la Ville, le 25 janvier 2009


Chers amis de l’ALCAP,

Mardi 20 janvier nous avons rendu visite au Professeur Robert AQUARON, à Marseille.

Certains d’entre vous le connaissent déjà : le Docteur Robert AQUARON est Professeur Honoraire à la Faculté de Médecine de la Timone (Université de la Méditerranée Aix – Marseille II).

Il est, en France, spécialiste de l’Alcaptonurie, depuis 20 ans.

Non seulement son accueil a été fort chaleureux, mais nous avons décidé d’entreprendre deux projets ensemble. Ils sont résumés ci-dessous.

1) Création d’un Conseil Médical et Scientifique dédié à l’Alcaptonurie :

Nous allons (dans un premier temps) essayer de recenser tous les médecins (principalement Rhumatologues, Biologistes, Ophtalmologues, ORL, Généralistes, Chirurgiens, Orthopédistes, Dermatologues …) qui ont eu à s’occuper de patients atteints d’Alcaptonurie en France ou qui sont intéressés par cette maladie.

Si vous même connaissez un tel médecin, n’hésitez pas à nous en informer !

Ensuite, nous contacterons chacun d’eux pour leur demander s’ils sont disposés à participer au Conseil Médical et Scientifique de l’ALCAP.

Lorsque la composition de ce Conseil aura été établie, une première réunion sera organisée entre tous les membres du Conseil.

Un projet de Règlement Intérieur de ce futur Conseil figure sur le site internet de l’ALCAP, à la rubrique : « Les médecins ».                                               

2) Tests génétiques : identification des mutations du gène AKU :

Actuellement (janvier 2009), nous avons recensé 18 malades de l’Alcaptonurie en France (+ 2 en Belgique), c’est à dire avec lesquels l’ALCAP est en contact ou dont nous connaissons les coordonnées postales, téléphoniques ou internet.

Dans le but de faire avancer nos connaissances de l’Alcaptonurie, il est important d’identifier les mutations qui affectent le gène responsable de l’Alcaptonurie, chez chacune des personnes atteintes.

Nous allons donc demander à tous les patients que nous connaissons de bien vouloir accepter de subir un test génétique (sauf, bien sûr, les personnes dont les mutations du gène AKU ont déjà été identifiées). Ces tests consistent en une simple prise de sang.

Nous vous contacterons prochainement à ce sujet.                       

Cordialement,

Serge SIREAU

Président de l’ALCAP

serge@alcap.fr



Professeur Robert AQUARON (au milieu de la photo), Simone et Serge SIREAU,
le 20 janvier à la faculté de la Timone (Marseille).


ooOOoo

Lettre d’information n° 2 (novembre 2008)

2ème conférence internationale sur l’Alcaptonurie (Université de Liverpool)

L’Etang la Ville, le 25 novembre 2008
 

Chers amis de l’ALCAP,

La deuxième Conférence Internationale sur l’Alcaptonurie s’est déroulée à Liverpool, vendredi 21 et samedi 22 novembre 2008.
Elle a été organisée par l’Association Britannique pour la Lutte Contre l’Alcaptonurie (« AKU Society »).
Cette présente lettre d’information constitue un résumé succinct des présentations et discussions qui ont été effectuées lors de ces deux jours.

La conférence était partagée en deux parties :

  • le vendredi, un atelier de travail entre médecins et chercheurs, dans une salle de  l’Université de Liverpool,

  • le samedi, une rencontre médecins-patients, dans un salon de l’hôtel « The Liner » qui se trouve près du Royal Liverpool University Hospital (CHU).

1) Conférence médicale (45 participants) :

La conférence était présidée par le Professeur Jim GALLAGHER, Chef du Département d’Anatomie Humaine et de Biologie Cellulaire au CHU de Liverpool (il est conseiller de l’AKU Society). Il a parlé du nouveau projet de recherche sur l’Alcaptonurie qui va être lancé pour les 3 prochaines années en Grande Bretagne (ce programme est financé par la Loterie Nationale Britannique).

Le Docteur Wendy INTRONE, collaboratrice du Docteur William GAHL au NIH (« National Institute  of Health »), aux États Unis, nous a fait une remarquable présentation de ses travaux sur la Nitisinone comme traitement de l’Alcaptonurie. Les résultats seront publiés l’été prochain.

Le Docteur José Manuel FERNANDEZ-CANON, de l’Université de Leòn, en Espagne, nous a fait part de ses travaux de recherche concernant la base moléculaire de l’Alcaptonurie.

Puis, ce fut au tour d’Adam TAYLOR de nous présenter ses investigations sur la structure de l’Ochronose à travers divers modèles (in vitro et in situ).
A noter qu’Adam effectue son Doctorat sur l’Alcaptonurie au CHU de Liverpool, grâce au financement de l’AKU Society.

Le Docteur Annalisa SANTUCCI, de l’Université de Sienne, en Italie, analyse avec son équipe la Biochimie de l’Alcaptonurie-Ochronose. Elle nous a parlé de ses plans de recherche pour un nouveau médicament.

Le Docteur L. RANGANATH, du CHU de Liverpool (il est Directeur Médical de l’AKU Society), nous a présenté ses observations après autopsie d’un malade de l’Alcaptonurie.

Le Docteur Sobhan VINJAMURI, du CHU de Liverpool, spécialiste en Médecine Nucléaire, nous a expliqué comment les techniques modernes d’imagerie peuvent être utilisées pour les recherches sur l’Alcaptonurie.

Un résumé des biographies des médecins et chercheurs qui dirigeaient les présentations et débats, figure ci-dessous.

2) Réunion Patients-Médecins (40 participants) :

Le Docteur Nicolas SIREAU, Président de l’AKU Society, a parlé des actions futures projetées par l’AKU Society et en particulier du nouveau plan de recherches médicales qui est en cours d’établissement. En effet, grâce aux dons reçus (malades, familles, amis, Fondations…) et au financement de la Loterie Nationale Britannique, la recherche va vraiment pouvoir progresser. Mais aussi, l’AKU Society va pouvoir influencer la manière dont les Maladies Rares sont traitées en Grande Bretagne.

Le Docteur Wendy INTRONE a présenté aux patients ses travaux sur la Nitisinone et répondu aux nombreuses questions que ceux–ci se posent.

Bev HEBDEN, Directrice du Centre d’Information sur l’Alcaptonurie à Liverpool, nous a détaillé les activités de ce Centre.

Jean-Yves SIREAU, fondateur et Directeur de la Société de bioinformatique GenSeq (analyse du génome personnel) nous a montré les possibilités de son logiciel d’évaluation de notre santé www.reportmyhealth.com (site en anglais).

Adam TAYLOR nous a exposé les résultats de ses recherches au microscope électronique sur la structure de l’Ochronose.

Le Docteur Jeanette USHER  nous a expliqué la génétique de l’Alcaptonurie.

Ensuite, une bonne partie de l’après-midi a été consacrée à des discussions entre les patients et entre les patients et les médecins.

Enfin, Lord Kenneth WARD-ATHERTON a conclu la réunion.                       

3) Conclusion :                       

Ces deux jours de réunions furent très positifs.           

Les médecins, les chercheurs et l’AKU Society ont pu faire le point sur les connaissances actuelles de l’Alcaptonurie-Ochronose. Les travaux futurs à réaliser ont été évalués, tant du point de vue du traitement des symptômes que de celui des recherches.

Enfin, des équipes en Europe et aux États-Unis se mobilisent pour trouver des solutions. Notre souhait à l’ALCAP est bien sûr de trouver une équipe française motivée pour participer à ces recherches.

Cordialement,

Serge SIREAU
Président de l'ALCAP
serge@alcap.fr


Biographies des intervenants :


De gauche à droite, rangée assise : Adam TAYLOR, Wendy INTRONE, Annalisa SANTUCCI, Lord Kenneth WARD-ATHERTON
De gauche à droite, rangée debout : Dr. Sobhan VINJAMURI, Dr. Lakshminarayan RANGANATH, Dr. Jose FERNANDEZ-CANON,
NicolasSIREAU, Pr. Jim GALLAGHER

Docteur L. RANGANATH :

Le Docteur Lakshminarayan Rao RANGANATH [MSc, MBBS, MD, PhD, FRCP (Edin), FRCPath] est spécialiste en Biochimie Clinique et Médecine Métabolique au « Royal Liverpool University Hospital ».

Il est aussi Directeur Médical de l’Alkaptonuria Society (Association pour la Lutte Contre l’Alcaptonurie, ou « AKU Society ») en Grande Bretagne. A ce titre, il participe à toutes les activités de cette Association, y compris l’aide aux patients et la recherche.

Avec son aide, la recherche sur l’Alcaptonurie a débuté à Liverpool. Il a joué un rôle important pour rassembler une équipe de recherche pluridisciplinaire y compris le Professeur Jim GALLAGHER (Anatomie Humaine et Biologie Cellulaire, Université de Liverpool).

Le but de cette recherche est de comprendre les mécanismes de détérioration des cartilages par l’Alcaptonurie-Ochronose, de façon à pouvoir, en fin de compte, développer un traitement efficace. 

Professeur Jim GALLAGHER :

Le Professeur Jim GALLAGHER est titulaire de la Chaire d’Anatomie à l’Université de Liverpool. Il a obtenu son Doctorat à l’Université de Cambridge, puis il a entrepris des recherches post-doctorales à Berne.

Il est ensuite retourné en Angleterre pour travailler dans le Laboratoire Graham Russel à Sheffield où il a mis au point les premières techniques de culture de cellules d’os humain présentant un phénotype d’ostéoblaste. Son travail a consisté à élucider les mécanismes de base des maladies des os et des articulations.

Ces dernières années, son laboratoire a été le leader international pour la recherche sur le rôle des nucléotides extracellulaires et des récepteurs P2 dans les homéostases des os et de la peau.

Il est le fondateur et le Directeur de la société PalindromX (www.palindromx.co.uk  site en anglais) Il s’agit d’une société de biotechnologie dont le but est de développer des nouvelles technologies de diagnostics.

Il est le coordinateur  de « FindAKUre » (www.findAKUre.org site en anglais) qui est un consortium Européen, comprenant 5 participants (quatre Universités et une PME) qui travaillent en collaboration pour développer des stratégies nouvelles de thérapies pour l’Alcaptonurie.

Docteur Wendy INTRONE : 

Le Docteur Wendy INTRONE (M.D.) est Pédiatre, Généticienne Clinique et Généticienne Biochimique Clinique. Elle effectue de la recherche clinique sur des maladies génétiques rares au NIH (« National Institutes of Health ») à Bethesda, dans le Maryland aux USA.

Elle est un chercheur associé au Bureau du Directeur Clinique de l’Institut National de Recherche sur le Génome Humain. Elle travaille actuellement sur plusieurs protocoles cliniques, y compris deux protocoles d’étude de l’Alcaptonurie.

Elle a commencé ses recherches sur l’Alcaptonurie en 2000 par une étude sur l’Histoire Naturelle de cette maladie. Une partie de son travail sur ce protocole a consisté à évaluer plus de 70 patients atteints d’Alcaptonurie.

Les résultats de cette étude ont permis l’élaboration du protocole actuel pour évaluer l’utilisation de la Nitisinone comme traitement de l’Alcaptonurie. Cette dernière étude a commencé en 2005 et sera terminée au printemps 2009 (quelques mois seront ensuite nécessaires pour l'analyse des données, ainsi les résultats définitifs ne seront publiés que l'été 2009).

Docteur José Manuel FERNANDEZ-CANON :

Le Docteur J. M. FERNANDEZ-CANON est professeur de Biochimie et de Biologie Moléculaire, mais aussi chercheur à l’Institut de Biologie Moléculaire, Génomique et Protéomique à l’Université de Leon en Espagne.

C’est en 1987 qu’il a été diplômé en Biologie à l’Université de Leon et a fini son Doctorat (Département de Biochimie et Biologie moléculaire) en 1991 (sujet : incorporation de phénylacétate dans la molécule de pénicilline G).

Il s’intéresse particulièrement au catabolisme des composés aromatiques (phénylalanine / tyrosine et phénylacétate) chez les humains et le champignon Aspergillus nidulans.

Il a travaillé sur la caractérisation biochimique et génétique de ce chemin catabolique sur l’Aspergillus et les humains au CIB-CSIC (Haut Conseil Espagnol pour la Recherche Scientifique) à Madrid.

Suite à son travail et en utilisant des séquences du projet de génome humain (qui n’était pas terminé à cette époque, en 1995), il a découvert les bases moléculaires de l’Alcaptonurie.

Après Madrid, il a été à Portland (USA) pour étudier les caractéristiques d’un autre gène humain et ses allèles (gène de l’isomérase maleylacétoacétate). Il a aussi créé un modèle de souris dans lequel cet enzyme est insuffisant.

Prochainement, il va étudier l’évolution des cytochromes P450 (CYP504A1 et CYP504B1), lesquels interviennent tous les deux dans le catabolisme de l’acide phénylacétique (ils ont été clonés lors de travaux précédents).

Adam TAYLOR :

Adam TAYLOR (BSc) est un étudiant qui prépare sa thèse de Doctorat à l’Université de Liverpool.

Il poursuit activement ses recherches sur des échantillons de tissus atteints par l’Alcaptonurie et les compare avec les études in vitro développées au CHU de Liverpool.

Récemment, il a aussi commencé à étudier les enzymes présents dans l’Ochronose.

Ses recherches ont permis jusqu’à maintenant :

  • le développement d'un modèle in vitro de cartilage atteint d'Alcaptonurie-Ochronose,

  • l'identification de dépôts de pigments dans des tissus atteints d'Alcaptonurie-Ochronose

  • l'identification d'un modèle de fixation de pigment dans des échantillons de tissus atteints d'Alcaptonurie-Ochronose,

  • récemment, le développement d'un modèle 3-D in vitro de cartilage atteint d'Ochronose

Sous la direction de ses Directeurs de thèse, Adam enrichit nos connaissances sur l’identification des facteurs et des mécanismes impliqués dans l’accumulation du pigment dans les tissus atteints d’Alcaptonurie-Ochronose. Ainsi, nous espérons qu’en fin de compte ces nouvelles connaissances nous aideront à trouver un traitement efficace.

Docteur Sobhan VINJAMURI :

Le Docteur Sobhan VINJAMURI est Professeur et Spécialiste en Imagerie au Département de Médecine Nucléaire du Royal University Liverpool Hospital.

Docteur Annalisa SANTUCCI :

Le Docteur Annalisa SANTUCCI a obtenu son Doctorat en 1994.

Depuis 2006 elle est Professeur de Biochimie à la Faculté de Pharmacie de l’Université de Sienne (Italie).

Depuis 2008 elle est la Directrice du Centre Interdépartemental pour les études biochimiques des maladies ostéo-articulaires.

Elle a travaillé sur les relations structure / fonction des protéines en utilisant toutes les principales techniques de biochimie, d’immunochimie, de bioinformatique et de biologie moléculaire.

Depuis 1992 elle étudie les protéomes de S. cerevisiae, H. pylori, N. meningitidis, Cytomégalovirus, fibroblaste humain, ostéoblaste, chondrocytes, synoviocytes, neuroblastomes, rabdomiosarcome, ostéosarcome, adénocarcinome gastrique et pancréatique, plasma, sérum et urine.

Elle est l’auteur de plus de 150 publications internationales.

Elle est référencée dans les revues internationales telles que : « Proteomics », « Journal of Proteome Research », « Proteome science », « Expert Review of Proteomics », « Journal of Agricultural and Food Chemistry », « Journal of Chromatography », « Journal of Medical Microbiology », etc…

Ses activités d’enseignement à la Faculté de Pharmacie des Universités d’Urbino et Sienne incluent les domaines suivants : Génétique, Biochimie, Biologie Moléculaire, Biochimie Appliquée, Biochimie Macromoléculaire, Biochimie Industrielle, Biochimie Cellulaire, Méthodes de Biochimie, Méthodes Avancées de Biochimie, Biochimie Post-Génome et Bioinformatique.

Elle enseigne également à l’École de Biotechnologie Médicinale (Doctorants) de l’Université de Sienne.

Dans cette Université, elle préside les cours supérieurs de Biotechnologie pour la Santé Humaine et ceux de Biotechnologie Pharmaceutique.

Docteur Nicolas SIREAU :

Le Docteur Nicolas SIREAU est le Président de l’Association Britannique pour la Lutte Contre l’Alcaptonurie (« Alkaptonuria Society », communément appelée « AKU Society »).

Il est le père de deux enfants (8 et 5 ans) atteints d’Alcaptonurie.

Il est le principal collecteur de fonds de l’AKU Society et est très impliqué dans cette association depuis sa création en 2003.

Il est le fondateur et le Directeur de SolarAid (www.solar-aid.org site en anglais) une ONG (Organisation Non Gouvernementale) qui aide les régions les plus pauvres de l’Afrique à utiliser l’énergie solaire (individuellement et collectivement).

Il est l’auteur du livre « Make Poverty History » (éditions Palgrave Macmillan).

Il a obtenu son Doctorat en Psychologie Sociale en 2007.

Il est également l’un des Directeurs de GenSeq, une entreprise de bioinformatique.

Jean-Yves SIREAU :

Jean-Yves SIREAU est le fondateur et le PDG de la société de bioinformatique GenSeq Ltd (www.genseq.org site en anglais) une compagnie privée d'analyse de la santé et du génome des personnes.


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Lettre d'information n° 1 (octobre 2008)


Origine de l'ALCAP :

1) Création de l'AKU :

Nos deux petits-enfants, Julien (8 ans) et Daniel (5 ans) ont tous les deux l'Alcaptonurie.

Quelques jours après la naissance de Julien (en octobre 2000), ses parents (Nicolas et Sonya) ont remarqué que ses couches tournaient au rouge foncé.
Ils ont alors contacté un médecin en urgence, croyant que c'était du sang.
La réaction initiale du médecin urgentiste fut de dire que probablement Sonya avait dû manger du choux rouge. Les urines étaient colorées et comme elle allaitait le bébé, cela provenait de son lait !
Bien sûr, cela sembla une explication ridicule aux yeux des parents.

Leur médecin de famille fut plus sage. Il ordonna des tests d'urine. Ceux-ci prirent du temps et ce n'est que quelques mois plus tard qu'ils eurent confirmation que le bébé était atteint d'Alcaptonurie.
N'ayant jamais entendu parler de cette maladie, leur première réaction fut de consulter Internet. Les informations qu'ils obtinrent les alarmèrent : maladie génétique rare, dite orpheline, dommages aux cartilages et aux articulations, maladies du cœur et bien plus encore…

Ils furent encore plus inquiets lorsqu'à la naissance de leur deuxième enfant (Daniel) ils s'aperçurent qu'il avait, lui aussi, l'Alcaptonurie (il y avait une (mal)chance sur 16 que cela se produise).

Notre fils Nicolas (35 ans maintenant) et sa femme Sonya (britannique) habitent en Grande Bretagne.
Ils découvrirent sur internet qu'il existait une association de lutte contre l'Alcaptonurie (l' " Alkaptonuria Society ") basée à Liverpool et dirigée par Robert Gregory, lui-même atteint d'Alcaptonurie et sérieusement handicapé.
Cette petite association manquait de moyens (humains et financiers), aussi Nicolas s'y est-il complètement investi.
Aujourd'hui, l' " Alkaptonuria Society " (AKU), sous l'impulsion de Nicolas, a obtenu suffisamment de dons et de fonds pour créer un Centre de Recherche sur la maladie, au CHU
Pour plus de renseignements voir le site de l'AKU :
www.alkaptonuria.info

2) Création de l'ALCAP :

Nous, les grands-parents (Serge et Simone - 66 ans -), avons bien sûr décidé d'aider nos enfants et petits-enfants, mais aussi l'association britannique AKU.

Mais comme aucune structure associative n'existait en France en ce qui concerne l'Alcaptonurie, nous avons créé une association, l'ALCAP (Association pour la Lutte Contre l'Alcaptonurie), avec Christelle (mère d'un petit garçon ayant la maladie). Les statuts de l'ALCAP ont été déposés en janvier 2006.

Jusqu'à présent, nous avons aidé l'AKU en transférant nos dons en Angleterre et en traduisant le site de l'AKU pour sa version française.

Notre association française, l'ALCAP, fait partie de la FMO (Fédération des Maladies Orphelines) et nous participons aux activités de la FMO. Nous avons aussi obtenu le référencement sur Orphanet.


Cordialement,
Serge SIREAU
Président de l'ALCAP

serge@alcap.fr